SoftBank s'empare de la division robotique d'ABB pour 5,37 milliards de dollars

La holding japonaise redouble d'efforts dans la course à l'IA physique en mettant la main sur la branche robotique du conglomérat industriel helvético-suédois ABB. Ce dernier abandonne ainsi son projet initial de scission et de cotation de ses activités de robotique et d'automatisation industrielle.

ABB site chassieu
ABB site chassieu

SoftBank annonce ce 8 octobre la signature d'un accord portant sur l'acquisition de la division robotique du conglomérat suédo-suisse ABB pour 5,375 milliards de dollars (4,62 milliards d'euros). Bien qu'approuvée par le conseil d'administration de SoftBank, l'opération reste soumise à l'approbation réglementaire de l'Union européenne, de la Chine et des États-Unis. Elle devrait être finalisée au deuxième semestre 2026.

Une branche représentant 7% du chiffre d'affaires global d'ABB

ABB Robotics, qui compte environ 7000 salariés, a réalisé un chiffre d'affaires de 2,3 milliards de dollars (2 milliards d'euros) en 2024, représentant 7% du chiffre d'affaires global du groupe. Un montant en baisse par rapport à 2023, la faute à une diminution des commandes de robots industriels ces dernières années en Europe, en particulier dans l'automobile. ABB s'attend à ce que la transaction génère un gain avant impôts non opérationnel de 2,4 milliards à la clôture. Les coûts de séparation liés à la cession sont estimés à 200 millions de dollars, dont la moitié est déjà incluse dans ses prévisions 2025.

Ce faisant, ABB renonce à son projet initial consistant à scinder et coter séparément ses activités de robotique et d'automatisation industrielle – cette dernière étant en concurrence directe avec celles de Siemens, Rockwell, Schneider Electric ou encore GE. “La division Automatisation des machines, qui, avec ABB Robotics, forme actuellement le secteur d'activité Robotique et Automatisation discrète, intégrera le secteur d'activité Automatisation des processus”, précise ABB dans un communiqué.

La robotique est au cœur de la stratégie IA de SoftBank

“La prochaine frontière de SoftBank est l'IA physique, a déclaré dans un communiqué le CEO de SoftBank, Masayoshi Son. Avec ABB Robotics, nous réunirons des technologies et des talents de classe mondiale autour de notre vision commune : fusionner la 'superintelligence artificielle' et la robotique.” Ce terme de “superintelligence artificielle” fait référence à la vision du futur de l'IA selon Masayoshi Son, d'après laquelle l'interaction entre différents modèles d'IA permettrait, d'ici à 2035, de faire naître des technologies 10 000 fois plus intelligentes que l'humain.

La robotique représente l'un des principaux pans de la stratégie d'IA de SoftBank. La holding multiplie les investissements et acquisitions en ce sens : elle est actionnaire majoritaire de Berkshire Grey, une société spécialisée dans les bras robotisés dans l'e-commerce, le commerce de détail et la logistique, ainsi que dans le fabricant norvégien de solutions d'automatisation en entrepôts AutoStore. SoftBank figure en outre parmi les principaux investisseurs de l'allemand Agile Robots et de la start-up américaine Skild AI. La société avait également acquis en 2014 l'ex-pépite tricolore Aldebaran, avant de la revendre huit ans plus tard à l'allemand URG.

Masayoshi Son envisagerait en outre de construire un complexe industriel à 1000 milliards de dollars aux États-Unis, qui pourrait comprendre des lignes de production pour des robots industriels alimentés par IA. Une initiative qui s'inscrit en parallèle du plan d'investissement à 500 milliards de dollars Stargate, associant SoftBank, OpenAI, Oracle et MGX dans le développement de centres de calcul dédiés à l'IA outre-Atlantique. Un site est pour l'heure opérationnel au Texas et cinq autres ont été annoncés.

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