Sur X, le robot conversationnel Grok se répand en commentaires antisémites et nazis

xAI, la société du milliardaire d'extrême droite Elon Musk, a réagi mercredi en annonçant qu'elle allait "travailler activement à la suppression des contenus inappropriés". Une modification des consignes données à l'IA semble en être à l'origine.

Grok
Grok

Elon Musk rêvait d'un robot conversationnel à son image, "politiquement incorrect" et "anti-woke". A l'évidence, le milliardaire d'extrême droite, premier soutien de Donald Trump en vue de sa réélection en novembre dernier, a réussi son pari. Ces derniers jours, Grok, le chatbot de sa société d'intelligence artificielle (IA) xAI, a partagé sur le réseau social X de très nombreux messages violents, dont un grand nombre empruntaient à une rhétorique complotiste, antisémite et même nazie. 

Un précédent similaire en mai

Aux internautes qui l'interrogeaient, le robot conversationnel a ainsi lancé en début de semaine des sous-entendus antijuifs sur la base du nom de famille de certains utilisateurs du réseau social X et vanté les mérites d'Adolf Hitler. Le fondateur de l'idéologie nazie est décrit par l'IA générative comme le mieux placé pour combattre ce qu'elle appelle la "haine anti-Blancs". Une discrimination omniprésente selon Grok, qui accuse sans fondement des membres de la communauté juive de l'alimenter.

Cet épisode n'est pas sans rappeler un précédent similaire impliquant l'intelligence artificielle d'Elon Musk, lui-même connu pour ses accointances avec des références antisémites, la dernière en date étant un bras tendu façon salut nazi après l'investiture de Donald Trump, aux Etats-Unis. En mai, le chatbot s'était en effet mis à disserter avec insistance sur un prétendu "génocide des Blancs" en Afrique du Sud, rejoignant une obsession largement fantasmée du milliardaire sud-africain.

Une réaction tardive

Grok, qui a aussi apporté son soutien à la candidate française d'extrême droite Marine Le Pen, a-t-il donc perdu la tête suite à une intervention d'ordre politique du milliardaire ? A l'évidence, le robot conversationnel, accusé avant cet épisode de pencher trop à gauche, n'est pas devenu raciste tout seul, du jour au lendemain. Sur GitHub, on peut constater que l'IA s'est vue donner il y a trois jours de nouvelles consignes, l'encourageant notamment à "tenir des propos politiquement incorrects".

Si cette expression est volontairement floue, elle correspond généralement à la libération d'une parole discriminatoire à différents niveaux, comme celle que relaie en permanence Elon Musk depuis son réseau social. Face aux réactions ulcérées de nombreux internautes et d'associations luttant contre l'antisémitisme, xAI a fini par annnoncer, mercredi 9 juillet, qu'elle allait "travailler activement à la suppression des contenus inappropriés".

Une réaction tardive de la start-up d'IA, laquelle a fusionné avec X en mars dernier, et qui pourra difficilement rattraper les torts causés par ces réponses générées automatiquement. De quoi faire fuir d'éventuels annonceurs, dont certains sont accusés par les dirigeants du réseau social de s'être entendus pour le boycotter ? Pour l'heure, aucun cas de ce type n'a été publiquement révélé suite à cette controverse. Sans lien apparent, le seul départ qu'X peut déplorer est celui de sa directrice générale, Linda Yaccarino, annoncé mercredi 9 juillet.

Newsletter L'Usine Digitale
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.