Une de plus. Après Celsius Network en juin 2022, FTX et Alameda en novembre 2022, c’est au tour de la société de cryptomonnaies Terraform Labs de déposer le bilan dimanche 21 janvier. En mai 2022, son soi-disant stablecoin Terra USD (cryptomonnaie adossée à une valeur refuge, comme l’or ou le dollar américain) s’est effondré à cause d’une faille dans la réplication du dollar et d’un manque de stabilité contre les aléas du marché. Des pertes estimées à 40 milliards de dollars, ruinant par conséquent des milliers de petits investisseurs qui y avaient placé leur argent.
Une cryptomonnaie moins sûre car algorithmique
Le fondateur de Terraform Labs, Do Kwon, prend la fuite vers Singapour entre avril et mai 2022, selon sa famille et certains membres de la société. En septembre 2022, Interpol diffuse une notice rouge pour le localiser. Le parquet de Séoul (Do Kwon était un ressortissant coréen) demande également au ministère des Affaires étrangères sud-coréen de révoquer son passeport.
Le 23 mars 2023, le fugitif est arrêté à l’aéroport de Podgorica (Monténégro), en compagnie de son directeur financier, alors qu’ils cherchaient à embarquer pour Dubaï avec de faux passeports belge et costaricain. Do Kwon est alors inculpé par le jury fédéral américain de huit chefs d’accusation, dont plusieurs pour fraude. Il est désormais dans l’attente de son extradition vers les États-Unis ou la Corée du Sud.
Comment expliquer une telle dégringolade ? Bien que présentée comme stable, la cryptomonnaie Terra présentait de nombreux risques. Au lieu d’être adossée à l’or ou au dollar, comme le sont la plupart des stablecoins, Terra était en réalité algorithmique, liée à sa cryptomonnaie jumelle Luna, fonctionnant à l’aide de mathématiques et de mécanismes d’incitation.
Selon certains experts, Do Kwon aurait même monté un système de Ponzi, un mécanisme pyramidal où la rémunération des premiers participants est assurée par les mises des nouveaux arrivants. Il suffit alors que le nombre de nouveaux investisseurs soit insuffisant pour que le système s’écroule. Une pratique excessivement répandue dans le milieu des cryptomonnaies, ou les arnaques abondent.
La société et son fondateur également poursuivis pour vente de titres non-enregistrés
L’estimation de l’actif et du passif de la société Terraform Labs se situe entre 100 et 500 millions de dollars, et le nombre de créanciers entre 100 et 199, attestent les documents judiciaires présentés dimanche dans le Delaware (Etats-Unis). Do Kwon est présenté comme actionnaire majoritaire de l'entreprise à 92%, avec une adresse immatriculée à Singapour. La société “a l’intention de remplir toutes ses obligations financières envers les employés et les fournisseurs”, a-t-elle déclaré dans un communiqué, affirmant aussi qu’elle “n’a pas besoin de financement supplémentaire”.
Toujours est-il que Do Kwon devra se confronter à la justice. En plus d’être inculpé pour fraude, lui et sa société sont poursuivis par la Securities and Exchange Commission (SEC), organisme américain de contrôle des marchés financiers, notamment pour vente de titres non-enregistrés. Un procès oppose par ailleurs ces derniers jours la SEC à la plateforme crypto Coinbase, pour le même motif.
Do Kwon pourrait de toute évidence prendre le même chemin que d’autres patrons déchus de la cryptomonnaie, tels que Sam Bankman-Fried, chez FTX, reconnu coupable de toutes les charges pesant contre lui et risquant jusqu’à 110 ans de prison, ou Alex Mashinsky, chez Celsius Network, également dans le viseur de la justice.


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