TSMC va construire sa premiere usine européenne en Allemagne

Berlin va accorder 5 milliards d'euros d'aides publiques au fabricant taïwanais de semi-conducteurs. TSMC y produira des puces destinées au secteur automobile et à l’industrie.

12 pouces
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L’Allemagne a réussi son pari. Mardi 8 août, TSMC a officialisé la construction de sa première usine européenne, à Dresde, dans l’est du pays. Pour attirer le géant taïwanais des semi-conducteurs, Berlin a dû sortir le chéquier, lui accordant environ 5 milliards d’euros d’aides publiques.

Cette somme représente près de la moitié du coût total du projet, estimé à plus de dix milliards d’euros. Un pourcentage plus élevé que pour les prochaines usines d’Intel (un tiers du financement apporté par l’Allemagne) et de STMicroelectronics (40% du coût supporté par la France).

Chips Act européen

Ces aides s'inscrivent dans le cadre du Chips Act européen, qui accorde aux Etats membres des dérogations aux règles communautaires sur les financements publics. L’Europe espère déployer 43 milliards d’euros pour doubler la part de marché du continent dans les semi-conducteurs. Pour y parvenir, il faudra multiplier la production européenne par quatre d’ici à 2030.

À Dresde, TSMC prévoit d’investir 3,5 milliards d’euros. Le reste sera apporté par plusieurs partenaires : les allemands Bosch et Infineon, ainsi que le néerlandais NXP Semiconductors. Ils investiront 500 millions d’euros chacun, détenant 10% des parts de l’usine. Le groupe taïwanais possédera, lui, 70% du site. Et assurera sa gestion opérationnelle.

L'industrie automobile, première cliente

La construction doit débuter l’année prochaine, pour une inauguration espérée trois ans plus tard. TSMC y produira des puces avec une finesse de gravure allant de 12 à 28 nm, qui seront destinées au secteur automobile et à l’industrie. En revanche, le groupe n’y fabriquera pas les puces les plus avancées, gravées en 5 ou 3 nm, produites dans ses “gigafabs” taïwanaises - et bientôt dans son usine américaine, dont l’ouverture vient d’être repoussée.

Comme pour la prochaine méga-usine européenne d’Intel, qui sera installée à Magdebourg, l’Allemagne faisait office de favorite pour accueillir TSMC. Le pays présente en effet de sérieux atouts : une expertise dans la production de semi-conducteurs, un réseau de sous-traitants déjà bien établi et la proximité d’importants clients, comme ses constructeurs automobiles.

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