C'est un vote local mais symbolique pour l'avenir des taxis autonomes. À trois votes pour contre un, la California Public Utilities Commission’s (CPUC) a autorisé le 10 août l'extension du permis qu'avaient obtenu Cruise et Waymo dès 2021 pour faire circuler leurs taxis autonomes dans San Francisco. Jusqu'ici limitées dans leurs offres, les deux sociétés ont désormais le champ libre pour exercer 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, avec des flottes de véhicules aussi importantes que souhaité, le tout sans opérateur de sécurité et avec la possibilité de faire payer les passagers.
Décisif pour Alphabet et General Motors, respectivement sociétés-mères de Waymo et Cruise, lesquelles ont investi des millions de dollars dans cette implantation à San Francisco, le vote n'était pourtant pas acquis d'avance. Ces derniers mois, des habitants de la ville californienne s'étaient plaints de pannes et d'arrêts intempestifs de véhicules, bloquant la circulation. Mais la sécurité du service, sur laquelle ont longuement insisté les parties prenantes par le biais de publicités et d'une pétition, semble avoir convaincu les membres de la commission.
Des interrogations en suspens
Cruise et Waymo ont également vanté des véhicules "verts" car alimentés à l'électricité et plus "sûrs" que ceux conduits par des humains. À la fois car leurs systèmes intelligents permettraient de mieux anticiper les accidents de la route et car l'absence de chauffeur réduirait d'emblée les violences subies par la clientèle. "Lorsque je monte dans un véhicule Waymo, j'ai l'impression non seulement de pouvoir me rendre là où je dois être […] mais aussi de pouvoir le faire sans craindre d'être harcelée, tripotée, agressée ou attaquée", a plaidé avant le vote une femme aveugle, citée par le média américain TechCrunch.
Des voix plus critiques étaient également présentes à la CPUC, ce jeudi. Certaines demandaient la mise en conformité des taxis aux normes d'accueil pour les personnes en situation de handicap. Les véhicules n'étant conduits par aucun humain, monter à bord avec une chaise roulante semble en effet complexe à ce stade. Plusieurs détracteurs du projet d'extension mis au vote, dont des chauffeurs de taxis traditionnels, ont de leur côté regretté la possibilité de destruction d'emplois.
D'autres ont encore ciblé le conflit d'intérêts du commissaire John Reynold, ancien employé de Cruise, mais n'ont pas obtenu gain de cause. Waymo et Cruise peuvent donc passer à la vitesse supérieure dans leur ville-test de San Francisco, mais devront sans doute y apporter des réponses concrètes avant d'envisager une course complète à l'échelle du pays.


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