Le consortium Agoria Santé – fondé par Docaposte (filiale numérique du groupe La Poste), AstraZeneca et Impact Healthcare et rejoint par Takeda – a annoncé avoir obtenu l'autorisation de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) lui permettant d'apparier des données de biologie médicale avec celles du Système national des données de santé (SNDS). Le projet est mené en partenariat avec Biogroup, spécialiste de la biologie médicale.
Pour rappel, le SNDS est une vaste base de données qui regroupe des informations pseudonymisées issues du parcours de soin des personnes soignées en France. Il contient notamment les remboursements de soins (consultation, médicament, hospitalisation...), les causes médicales de décès ou encore les données relatives au handicap et à la maternité. Le SNDS est géré par la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam).
Enrichir les analyses en vie réelle
La décision de l'organisme français de protection des données permet au consortium Agoria Santé d'intégrer dans son entrepôt de données des informations issues des laboratoires du réseau Biogroup. Concrètement, les données biologiques concernent une vaste typologie de mesures, incluant biomarqueurs tumoraux, métabolites sanguins ou encore dosages hormonaux. Appariées aux données du SNDS – qui incluent historiques de soins, diagnostics, traitements et actes médicaux –, elles permettront d’enrichir significativement les analyses en vie réelle.
Le projet s'appuie sur l'entrepôt de données d'Agoria, qualifié comme "système-fils SNDS", c'est-à-dire une infrastructure homologuée par la Cnam pour accueillir et traiter des données issues du système national, dans des conditions de sécurité renforcées. Ce système-fils permet un accès indirect au SNDS via des jeux de données pré-approuvés, sur des thématiques de recherche définies à l'avance.
Maladies cardio-vasculaires, diabète...
Les données ainsi chaînées SNDS-biologie seront mises à disposition de porteurs de projets académiques ou industriels dans le cadre de neuf programmes de recherche validés par la Cnil, couvrant par exemple les maladies cardio-vasculaires, l'oncologie, la fertilité, le diabète ou encore les infections respiratoires.
Ce nouveau projet s'inscrit dans la montée en puissance des usages des données de vie réelle. Jusqu'ici, les analyses à partir du SNDS souffraient d’un manque de granularité clinique. L’apport des résultats biologiques vient combler cette limite, en permettant par exemple de relier des traitements à des marqueurs de réponse mesurables ou à des stades évolutifs de maladie.
Ainsi, selon Diane-Charlotte Baillet, directrice du consortium, "l’association de données de biologie aux données du SNDS ouvre des perspectives scientifiques majeures et répond à une attente forte des acteurs de la recherche, qui ont besoin de données cliniques pour compléter les données médico-économiques du SNDS".


![[ÉNERGIES] Déployez vos projets IA à l’échelle, inspirez-vous du cas ENGIE Entreprises et Collectivités](https://cdn.webikeo.com/webinar_logo/2025-10-24-ac93013fcd6c2ea907b5a091f0e74c90.png)
