En l'espace d'une semaine, xAI perd son cofondateur et son directeur juridique

Igor Babuschkin, jusqu'alors cofondateur de la start-up d'IA d'Elon Musk xAI, va lancer sa société de capital-risque. Le directeur juridique Robert Keele a de son côté annoncé vouloir accorder plus de temps à sa vie privée. Deux départs qui interviennent dans un contexte mouvementé pour xAI, son chatbot Grok multipliant les messages complotistes, racistes et antisémites.

Grok xAI
Grok xAI

Sale temps pour xAI, la start-up d'IA générative dirigée par Elon Musk. Son cofondateur, Igor Babuschkin, a annoncé le 13 août son départ. Dans un long message publié sur le réseau social X, il annonce lancer sa société de capital-risque, Babuschkin Ventures, qui soutiendra “la recherche sur la sécurité de l'IA” ainsi que “les start-up spécialisées dans l'IA et les systèmes agentiques”.

Igor Babuschkin veut “créer une IA sûre pour l'humanité”

“Merci d'avoir contribué à la construction de xAI, a brièvement répondu Elon Musk. Sans toi, nous ne serions pas là.” Igor Babuschkin, auparavant responsable technique du logiciel AlphaStar chez Google DeepMind et chercheur chez OpenAI avant le lancement de ChatGPT, a aussi précisé vouloir “créer une IA sûre et bénéfique pour l'humanité”. Et pour cause : en matière de sécurité de l'IA, xAI est loin de donner l'exemple.

Grok, le robot conversationnel développé par xAI, s'est tristement illustré ces derniers temps pour avoir généré des messages haineux, racistes et antisémites. En mai, le chatbot a inclus dans ses réponses, pendant plusieurs heures d'affilée, des éléments sur un “génocide des Blancs” qui aurait lieu actuellement en Afrique du Sud.

Grok enchaîne les dérapages

Une théorie du complot régulièrement reprise par l'extrême droite… et surtout par Elon Musk. Le milliardaire semble même avoir réussi à convaincre Donald Trump, qui a accordé le statut de réfugié à 60 Afrikaners sous prétexte qu'un génocide anti-blanc avait lieu dans le pays. Le chatbot s'est également livré à des propos antisémites le mois dernier, tout en encensant le parcours d'Adolf Hitler. À la suite de ces déclarations, la Commission européenne s'est entretenue avec des représentants de X sur l'utilisation de Grok.

Le dernier événement lié à Grok date du début de semaine, au moment où l'outil a été suspendu pendant une trentaine de minutes. Interrogé sur les raisons de cette suspension, le chatbot a affirmé que cela s'était produit “après [avoir] dit qu’Israël et les Etats-Unis sont en train de commettre un génocide à Gaza”. Elon Musk a de son côté assuré qu'il s'agissait “d'une erreur stupide” et “qu'il ne [savait] pas pourquoi il a été suspendu”.

Un directeur juridique surmené ?

Igor Babuschkin n'est pas le seul salarié de xAI à quitter le navire : Robert Keele, directeur juridique de la start-up depuis un peu plus d'un an, a annoncé sa démission le 6 août. “J'adore mes deux jeunes enfants et je ne les vois pas assez souvent”, a expliqué l'Américain dans un message sur X, ajoutant reconnaître que sa “vision du monde divergeait” avec celle d'Elon Musk.

“Je ne pouvais pas continuer à mener deux vies à la fois : la famille et le travail. Il était temps d'en choisir une”, poursuit Robert Keele, auparavant directeur juridique d'Elroy Air. Sur ce départ, Elon Musk n'a pas réagi.

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