C’est "l’anti-Google" français. Et c’est précisément ce qui a plu à son nouvel investisseur. Le moteur de recherche Qwant.com, lancé en 2013 en France et en mars 2014 en Allemagne, vient de réaliser une augmentation de capital d’un peu moins de 10 millions d’euros pour accueillir Axel Springer Digital Ventures parmi ses actionnaires. La filiale d’investissement du géant des médias allemand a pris 20 % du capital de la start-up française créée en 2011.
"Depuis 2011, nous avons investi 3,5 millions d’euros pour développer le moteur de recherche, explique Jean-Manuel Rozan, l’un des trois cofondateurs de Qwant. Il nous fallait lever des fonds pour franchir l’étape d’après."
Une messagerie sécurisée dans les cartons
La jeune entreprise prévoit d’ajouter des fonctionnalités à son moteur de recherche, notamment un service de messagerie sécurisé. Elle devrait recruter 25 personnes, principalement des développeurs, d’ici la fin de l’année pour mener ses projets à bien. En doublant ses effectifs au passage !
Qwant en chiffres
Chiffre d’affaires : 1,5 million d’euros en 2013Effectif : 25 personnes
Montant de la levée de fonds : moins de 10 millions d’euros
Investisseur : Axel Springer Digital Ventures
Secteur : numérique
La start-up française n’a pas tapé dans l’œil du groupe allemand pour rien. En conflit ouvert avec Google depuis la lettre de Mathias Döpfner, son dirigeant, adressée au géant américain en avril 2014 dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le groupe Axel Springer espère bien favoriser l’émergence d’une alternative à Google. Et, qui sait, pouvoir un jour ne plus avoir à se plier aux conditions commerciales du moteur de recherche américain…
D’autant que Qwant a construit son service sur un principe très différenciant : celui du respect de la vie privée de ses utilisateurs. "Tout le monde constate que l’échange de services contre les données personnelles ne va pas de soi et qu’il faut pouvoir s’en passer au moins de temps en temps", confie Jean-Manuel Rozan, qui parle de la notion de "Big Data éthique".
Le droit à l’oubli incorporé
La technologie du Français permet par exemple de faire remonter, sur une requête, toutes les informations publiques publiées par les internautes. "Mais si l’internaute les efface, on ne pourra plus l’utiliser, explique le cofondateur. Le droit à l’oubli est incorporé dans notre solution."
Pour gagner sa vie, Qwant mise notamment sur le développement d’une offre de moteurs de recherche personnalisés en marque blanche. Tel celui développé pour le Football Club de Barcelone. La jeune société compte également monétiser le trafic sur son site, en signant des partenariats avec des entreprises telles que TripAdvisor.
En 2013, Qwant a ainsi réalisé un chiffre d’affaires de 1,5 million d’euros, pour 500 millions de requêtes enregistrées sur son site. La start-up vise 3,5 millions d’euros en 2015 et un effectif de 250 salariés d’ici 2018. Des chiffres encore bien modestes comparés aux géants du net. "Nous avançons pas à pas, souligne Jean-Manuel Rozan. La levée de fonds nous permet de continuer ce développement."
Arnaud Dumas
L’argument convaincant
Les internautes soucieux de leur vie privée et du droit à l’oubli pourront être séduit pour ce moteur de recherche d’un nouveau genre. A condition que la pertinence des résultats de recherche monte encore en puissance.


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