Bluesky lève 8 millions de dollars pour ouvrir davantage son rival de Twitter

Le réseau social décentralisé veut se donner le temps de trouver le bon modèle économique, alors qu'il rejette le modèle publicitaire adopté par quasiment toutes les autres plateformes.

Smartphone
Smartphone

Longtemps soutenu par Twitter, Bluesky doit désormais voler de ses propres ailes. Mercredi 5 juillet, le projet de réseau social décentralisé a officialisé une levée de fonds en amorçage d’un montant de 8 millions de dollars, qui doit notamment lui permettre de dépenser davantage en infrastructures afin d'ouvrir sa plateforme à davantage de personnes.

L’initiative Bluesky a été lancée en 2019 par Twitter à l’initiative de Jack Dorsey, son patron de l’époque. Elle visait alors uniquement à créer un protocole décentralisé (c’est-à-dire ni hébergé ni géré par une seule entité) pour les réseaux sociaux. À terme, la plateforme à l’oiseau bleu devait utiliser ce protocole.

Changement de stratégie

Le rachat de Twitter par Elon Musk en octobre 2022 pour 44 milliards de dollars a changé la donne, obligeant Bluesky à changer de stratégie. En plus de bâtir le protocole décentralisé, la société a également lancé sa propre plateforme, rivale directe de Twitter. Mais les inscriptions y sont encore limitées, reposant sur un système d'invitations.

En outre, Bluesky ne dispose plus du soutien financier de Twitter, ce qui explique sa première levée de fonds. Celle-ci doit lui permettre de se donner du temps afin “d’expérimenter plusieurs modèles économiques”, explique la société, qui refuse d’opter pour le modèle publicitaire, adopté par quasiment tous les autres réseaux sociaux. Elle mise sur les services payants.

Noms de domaine personnalisés

Dans cette optique, Bluesky annonce un premier service : la possibilité de réserver directement depuis sa plateforme un nom de domaine personnalisé, servant de nom d’utilisateur sur son protocole décentralisé. Et sans être “familier avec l'enregistrement des noms de domaines et les réglages DNS”.

Bluesky indique que 13 000 de ses membres ont déjà mis en place, par eux-mêmes, leur propre nom de domaine, dont des sénateurs américains utilisant l’extension .gov. “Les noms de domaines ont un potentiel considérable pour personnaliser les identités, et en tant que moyen décentralisé de vérifier la réputation en s'appuyant sur le Web existant”, assure Bluesky.

Newsletter L'Usine Digitale
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.