Disney, Universal et Warner Bros Discovery poursuivent la start-up chinoise d'IA MiniMax

Les trois géants d'Hollywood reprochent à Hailuo AI, un outil de génération d'images par intelligence artificielle créé par MiniMax, d'avoir été entraîné grâce à des œuvres protégées par le copyright. Ils y voient une menace pour l'industrie cinématographique et réclament d'importants dédommagements.

Hollywood
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Peut-on vraiment présenter son générateur de vidéos par intelligence artificielle (IA) avec le slogan "un studio hollywoodien dans votre poche" sans s'attirer justement les foudres du cinéma californien ? Il faut croire que non, en atteste le cas de MiniMax, une start-up chinoise poursuivie par les poids lourds du divertissement américain Disney, Universal et Warner Bros Discovery. Dans une plainte qu'a pu consulter le quotidien britannique The Financial Times, les trois entreprises reprochent à Hailuo AI, l'outil développé à Shanghai, d'avoir été entraîné grâce à des œuvres protégées par le copyright.

Un outil vu comme une menace pour le cinéma

Les résultats générés par Hailuo AI à partir de prompts en langage naturel sont "des images et des vidéos téléchargeables de haute qualité", décrivent les plaignants. Ces derniers voient dans la capacité de l'outil d'IA à recréer des personnages des univers Disney ou des films Batman et Star Wars la preuve que leurs films ont bel et bien été usurpés. 

Disney, Universal et Warner Bros Discovery reprochent aussi à MiniMax d'avoir fait la promotion de son application, notamment auprès d'utilisateurs américains, en utilisant ces mêmes personnages, ce qui a pu être interprété comme un signe d'approbation de la part des studios hollywoodiens.

Contre cette start-up très en vue en Chine, financée notamment par des grands noms de l'investissement tech à l'échelle nationale et en passe de réaliser une introduction en Bourse à Hong Kong selon le Financial Times, les trois studios hollywoodiens ne se montreront donc pas cléments.

Dans leur plainte, ils affirment que Hailuo AI est une menace contre l'industrie cinématographique américaine et réclament d'importants dédommagements. Selon une source proche du dossier interrogée par le journal britannique, ils cherchent à obtenir "le montant maximal autorisé par la loi".

Une affaire similaire concernant Midjourney

Si l'affaire ne sera vraisemblablement pas jugée avant un moment, c'est la première fois qu'une start-up chinoise d'intelligence artificielle spécialisée dans la génération d'images et de vidéos est poursuivie en vertu du droit américain par des mastodontes du divertissement.

En revanche, la justice états-unienne devient peu à peu familière de ces épineux dossiers sur son territoire, tant les plaintes pour violation du copyright ont été nombreuses depuis l'avènement du robot conversationnel ChatGPT, d'OpenAI.

Pas plus tard qu'au mois de juin, Disney et NBCUniversal ont assigné en justice la plateforme américaine de génération d’images par IA, Midjourney, la décrivant comme "un distributeur numérique, qui génère, à l’infini, des copies non autorisées de [leurs] travaux". Une procédure historique qui est venue s'ajouter à celles lancées par des dizaines d'organes de presse, d'artistes, d'auteurs et même de syndicats de professionnels de la culture, qui reprochent uniformément aux entreprises d'IA de nier les règles sur la protection des œuvres.

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