Alors que l'étau du FBI semble se resserrer autour de l'administration Trump dans l'enquête sur l'interférence russe durant l'élection présidentielle, le rôle des géants technologiques revient également sur le devant de la scène. Facebook, notamment, a vu sa posture changer radicalement au fil des mois.
126 millions d'utilisateurs de Facebook exposés à la propagande russe
Deux enquêtes séparées, l'une du Washington Post et l'autre de Recode, affirment que Facebook entend témoigner ce mardi 31 octobre 2017 que 126 millions d'Américains ont été impactés par les opérations de propagande russe, principalement au travers de fausses actualités. On est loin des déclarations de Mark Zuckerberg en novembre 2016, qui affirmait alors que l'idée que Facebook ait pu influencer l'élection était "assez folle". Début octobre 2017, Facebook avait déjà admis qu'une dizaine de millions d'électeurs avaient été exposés à des publicités à caractère politique payées par la Russie. Ces opérations avaient profité du système de ciblage publicitaire très précis de Facebook pour avoir un maximum d'impact auprès des électeurs clés. L'objectif étant, sans surprise, de favoriser Donald Trump face à Hillary Clinton.
Le nouveau nombre de 126 millions regroupe publicités et désinformation non sponsorisée (avec propagation "organique" au sein du réseau social) émanant de l'entreprise Internet Research Agency (qui a des liens établis avec la Russie). D'après les deux enquêtes en question, Facebook prévoit de révéler que l'organisation aurait posté 80 000 messages entre 2015 et 2017.
YouTube et Twitter sont également concernés
Mais Facebook n'est pas le seul géant américain concerné. Google a publié lundi 30 octobre 2017 un rapport admettant la présence de désinformation russe sur YouTube lors de l'élection. 1108 vidéos seraient concernées (réparties sur 18 chaînes), soit 43 heures de contenu au total. Elles auraient été vues 309 000 fois entre juin et novembre 2016. Les chaînes seraient "probablement" associées à Internet Research Agency. En parallèle, le rôle des médias étatiques russes Sputnik et Russia Today (RT) – parmi les comptes les plus populaires sur YouTube – a été pointé du doigt ces derniers jours. Twitter les a notamment interdits de publicité... alors qu'il les avait courtisé durant les élections.
Le rôle des géants technologiques doit évoluer
Ces multiples révélations confirment les suspicions des observateurs et chercheurs sur l'ampleur des interférences qui ont eu lieu lors de la campagne présidentielle américaine, et elles ne sont probablement pas le fin mot de l'histoire. Elles sont aussi un rappel que ce type d'opération de propagande est intrinsèquement insidieux (basé sur de faux profils qui mêlent messages anodins et commentaires à caractère politique) et complexe à déceler. Surtout, elles soulignent la nécessité pour les grands acteurs technologiques comme Facebook, Google ou Twitter de mieux vérifier quel contenu transite sur leurs plates-formes et d'être responsabilisés quant à leur rôle sociétal.


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