Jus Mundi lève 20 millions d’euros pour son assistant juridique intelligent

La start-up française développe depuis quelques années un moteur de recherche à destination des avocats en droit international. Elle lancera la semaine prochaine “Jus AI”, un assistant juridique dopé à l’IA générative.

Jus AI Jus Mundi
Jus AI Jus Mundi

Jus Mundi, legaltech française spécialisée dans la recherche en IA pour les professionnels du droit, a annoncé le 11 septembre une levée de fonds de 20 millions d’euros en série B. Le tour de table a été mené par le capital-risqueur allemand Acton Capital et le fonds singapourien True Global Ventures. FJLabs et le français C4 Ventures, qui avaient déjà soutenu Jus Mundi lors de sa série A en 2021, ont renouvelé leur engagement.

Plus de 150 000 utilisateurs revendiqués

La start-up, créée en 2019 par plusieurs avocats, s’est fait connaître en développant un moteur de recherche à destination des avocats en droit international et en arbitrage. Une manière pour ces derniers de trouver plus rapidement certaines informations, comme des traités internationaux, des procédures de transposition des directives en droit international ou des textes de jurisprudence.

Jus Mundi affirme que cette base de données est utilisée par plus de 150 000 utilisateurs dans 80 pays, qu’il s’agisse de cabinets d’avocats, d’entreprises multinationales ou d’organisations gouvernementales. La start-up collecte ces données en signant des partenariats avec différentes institutions juridiques – 70 à ce jour, comme la Chambre de commerce internationale.

En plus de cet outil documentaire, Jus Mundi a annoncé le lancement le 16 septembre de “Jus AI”, un assistant juridique de recherche à base d’IA. L’objectif premier est de permettre aux professionnels du droit d’être plus efficaces dans leurs recherches, tout en s’appuyant sur la base de données précédemment développée. Cet outil a d’ores et déjà été testé auprès de 20 clients, dont les cabinets d’avocats internationaux DLA Piper et Reed Smith. La start-up revendique un “doublement de la productivité” en ce qui concerne la recherche juridique, l’analyse, la rédaction et la traduction.

Un sursaut pour la legaltech française ?

Les fonds levés par Jus Mundi devraient servir à développer cette nouvelle solution et à consolider sa présence à l’international. La jeune pousse compte actuellement plus de 70 salariés basés à Paris, New York, Londres, Singapour et au Mexique. Elle devrait s’implanter à Dubaï prochainement et espère agrandir son équipe, notamment dans la R&D.

Jus Mundi réalise l’un des tours de table les plus importants de ces dernières années dans la legaltech française, qui reste timide dans l’écosystème de la French Tech. Malgré un triplement du chiffre d’affaires du secteur entre 2019 et 2022, de nombreuses start-up se retrouvent empêtrées dans des batailles judiciaires pour concurrence déloyale, engagées par les grands éditeurs juridiques.

En 2022, Doctrine avait été visée par plusieurs plaintes d’éditeurs (dont LexisNexis, Dalloz et Lextenso) pour avoir collecté illégalement des décisions de justice, avant de finalement obtenir gain de cause. La start-up Predictice avait aussi été accusée de distorsion de concurrence par le Groupement français de l’industrie de l’information, pour avoir publié sur sa plateforme toutes les décisions rendues par les tribunaux de commerce.

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