Le jour J est enfin arrivé pour Jupiter. Le supercalculateur livré par Eviden, la branche phare d'Atos, pour un budget de 500 millions d'euros financé à parts égales par l'Allemagne et l'Union européenne, est inauguré ce jour au centre de calcul de Jülich, à l'ouest de Cologne, en Allemagne.
Présenté comme le premier supercalculateur "exascale" du Vieux continent, il est capable d'effectuer au moins un quintillion de calculs par seconde, soit un milliard de milliards. Annoncé pour la première fois le 10 juin dernier, il est basé sur la technologie BullSequana XH3000 à refroidissement liquide d'Eviden, et est composé de 24 000 cartes Grace Hopper 200 de Nvidia connectées par Quantum-2 InfiniBand.
La quatrième machine la plus puissante au monde
Aujourd'hui, Jupiter occupe une surface de près de 3 600 mètres carrés - soit environ la moitié d'un terrain de football - avec des rangées de processeurs et environ 24 000 puces du géant américain Nvidia. Ses performances devraient être de l'ordre de 90 exaflops pour l’IA. Il est aussi le meilleur système du classement mondial TOP500 en matière d’efficacité énergétique, avec 60 gigaflops par watt (testé avec le benchmark Linpack).
Jupiter se hisse en outre à la quatrième place en termes de performance théorique maximale. Seules trois machines le dépassent, toutes américaines: "El Capitan", "Frontier" et "Aurora", installées dans des laboratoires du Department of Energy.
De la recherche sur le climat à la découverte de nouveaux médicaments
Si le principal usage fait de Jupiter est bien évidemment de fournir la puissance de calcul nécessaire à l'entraînement de LLM comme ceux qui sont utilisés pour alimenter ChatGPT et Gemini, les chercheurs du centre de calcul voient dans le supercalculateur un outil d'exception pour faire de la recherche sur le climat, l’astrophysique, la biologie moléculaire, la découverte de nouveaux médicaments, l’informatique quantique et l’ingénierie de haute précision.
Par exemple, les chercheurs espèrent pouvoir mieux anticiper des phénomènes extrêmes comme les vagues de chaleur. "Avec les modèles météo d’aujourd’hui, on peut simuler les évolutions du climat dans 10 ans. Avec Jupiter, les scientifiques estiment qu’ils vont pouvoir aller minimum à 30 ans, et sur certains modèles, peut-être même jusqu’à 100 ans", commente Emmanuel Le Roux, dirigeant de l'activité Advanced computing d'Atos.
Sur la problématique de la transition énergétique, la machine pourra également servir à simuler les flux d’air autour des éoliennes pour optimiser leur conception. Dans la santé enfin, il pourrait permettre de simuler les processus cérébraux de manière plus réaliste, pour le développement de médicaments contre des maladies comme Alzheimer.


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