Le feuilleton des anciens d'OpenAI connaît un nouvel épisode. Son ancienne directrice technique Mira Murati, partie fin septembre, chercherait à lever des fonds pour lancer sa propre société tournée vers l'intelligence artificielle.
Cette dernière devrait se concentrer sur le développement de produits d'IA basés sur des modèles propriétaires, selon une source interrogée par Reuters. La rumeur court que ce tour de table pourrait avoisiner les 100 millions de dollars. Le lancement d'une telle société nécessite en effet des fonds considérables, notamment en raison du coût d'entraînement des modèles. Mira Murati peut tout de même miser sur sa réputation et sa carrière pour réunir une telle somme. Reste à savoir qui intégrera le projet.
Lors de son départ fin septembre, deux membres clé de l'équipe de recherche d'OpenAI ont également pris congé. Il s'agit de Bob McGrew, directeur de la recherche, et Barret Zoph, vice-président chargé de la recherche. Ce dernier pourrait rejoindre cette nouvelle entreprise, à en croire certaines sources.
Une figure clé au sein d'OpenAI
Pour rappel, Mira Murati a passé plus de six ans au sein de la start-up d'IA la plus en vogue. Elle a débuté au sein de la branche partenariats d'OpenAI en 2018, évoluant progressivement jusqu'à endosser le rôle de directrice technique en mai 2022.
Elle a vécu nombre de crises internes au sein de l'entreprise, notamment le départ forcé de Sam Altman en novembre 2023, réintégré quelques jours plus tard après que plusieurs membres d'OpenAI et Microsoft aient mis la pression au conseil d'administration de la start-up. Pendant cette courte période, Mira Murati avait ainsi provisoirement pris sa place afin de garder une certaine stabilité.
Elle a été au cœur de projets phares de l'entreprise, tels que ChatGPT et DALL-E. Lors du lancement en mai dernier du modèle GPT-4o, Mira Murati a d'ailleurs mené la présentation et participé à la démonstration des performances du LLM.
L'histoire se répète
La volonté de Mira Murati de s'émanciper de la start-up de Sam Altman n'est pas chose nouvelle. Mi-mai, Ilya Sutskever a lâché son poste de chief scientist au sein de la société pour raisons personnelles. Il n'aura toutefois fallu que quelques semaines avant d'apprendre que son envie d'ailleurs cachait d'autres intentions : créer sa propre entreprise. Baptisée SSI – pour Safe SuperIntelligence –, la start-up possède d'ores et déjà des bureaux à Palo Alto et Tel Aviv et recrute activement. Son objectif : se confronter à son ancienne entreprise et faire mieux, en mettant l'accent sur la sécurité.
Elle a d'ailleurs levé un milliard de dollars début septembre, portée par des investisseurs comme NFDG (coentreprise de Nat Friedman et Daniel Gross), a16z, Sequoia Capital, DST Global et SV Angel. Valorisée 5 milliards de dollars post-financement, SSI prévoit d'utiliser ces fonds pour se constituer une infrastructure de calcul, ainsi que pour recruter des chercheurs et ingénieurs qui seront basés sur ses deux sites. La start-up n'a cependant pas communiqué sur l'objet de ses recherches.
Anthropic, également créé par deux anciens d'OpenAI – Dario et Daniela Amodei – est également le fruit de désaccords avec Sam Altman. La start-up, aujourd'hui décrite comme une concurrente, a par ailleurs ouvert les bras à un certain nombre d'ex-employés du concepteur de ChatGPT, à l'instar de Durk Kingma et Jon Schulman, tous deux membres de l'équipe fondatrice. Et les chercheurs de l'entreprise se pressent pour postuler aux offres d'Anthropic.


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