Le député socialiste Thomas Thévenoud pousse les taxis à passer au numérique. L'une des mesures du projet de loi sur les taxis, qu'il a déposé le 18 juin, vise à créer un registre numérique de disponibilité des véhicules, géré par l'Etat. L'inscription sera gratuite et elle ne sera pas obligatoire pour les chauffeurs. Ne participeront que ceux qui sont d'accord pour partager leurs données de localisation, de disponibilité et leurs tarifs.
Accessible en ligne, ce fichier permettra aux clients de savoir en direct, sur leur smartphone, où sont situés les taxis les plus proches d'eux. Un programme qui ressemble fort au système de géolocalisation qui est aujourd'hui utilisé par les voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), et contre lesquels les taxis manifestent depuis des mois…
Encadrement sévère de l'activité des VTC
L'objectif de ce texte, qui devrait être débattu début juillet et entrer en vigueur fin 2014 ? Mettre fin à la guerre qui oppose depuis plusieurs mois les taxis aux entreprises de VTC, comme Uber. Ces sociétés utilisent la géolocalisation pour que les potentiels clients sachent où est le véhicule disponible le plus proche, au grand dam des taxis qui perdent une partie de leur clientèle.
Le nouveau porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée nationale a repris, dans ce texte, l'essentiel des mesures proposées dans un rapport remis à Manuel Valls le 24 avril 2014. Il veut encadrer plus étroitement l'activité des VTC (rebaptisés dans le texte de Thomas Thévenoud véhicules de transport avec chauffeur), en les empêchant notamment de pratiquer la "maraude électronique". Grâce à la géolocalisation, ils pouvaient facilement charger des clients à la volée.
UN SYSTÈME DE "TAXIS CLANDESTINS"
Cette pratique leur sera strictement interdite si le texte est voté, car elle est réservée aux seuls taxis. Les chauffeurs de VTC ne pourront charger que les clients ayant réservé leur course à l'avance. En cas de violation de la règlementation, ils pourraient payer jusqu'à 15 000 euros d'amende et écoper d'un an de prison.
Ce projet de loi prévoit également de sanctionner les compagnies qui organisent un service de covoiturage à but lucratif sur de courtes distances. C'est justement l'une des offres d'Uber, appelée UberPop. "On est visiblement en présence d'un système de taxis clandestins", affirme Thomas Thévenoud à l'AFP.
Lélia de Matharel


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