Orakl Oncology lève 11 millions d'euros pour améliorer les essais cliniques sur le cancer

La spin-off de l'Institut Gustave Roussy associe des données réelles de patients et biologiques pour créer des “avatars”, qui simulent la réponse aux médicaments pour traiter les cancers digestifs. Elle compte sur ce financement pour commercialiser ses produits auprès des laboratoires et chercheurs et enrichir sa collection d'avatars.

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Orakl Oncology, start-up française spécialisée dans le développement de solutions technologiques pour mieux lutter contre le cancer, annonce ce 3 décembre une levée de fonds en seed de 11 millions d'euros. Le tour de table a été mené par le capital-risqueur français Singular, avec le soutien de Bpifrance et d'investisseurs existants. Un financement qui intervient seulement un an après une première levée de fonds de 3 millions d'euros, dirigée cette fois-ci par la société paneuropéenne Speedinvest.

96% des candidats médicaments n'atteignent pas la phase clinique        

Spin-off de l'Institut Gustave Roussy, premier centre européen de lutte contre le cancer, Orakl Oncology se donne pour mission d'accompagner les laboratoires pharmaceutiques afin qu'ils proposent des essais cliniques plus efficaces. “Le développement de candidats médicaments peut prendre jusqu'à dix ans et coûter un milliard de dollars, et dans 96% des cas, cela va échouer, explique Fanny Jaulin, CEO et cofondatrice de la start-up. Il n'y a alors pas assez de médicaments pour traiter les patients, les médicaments sont de plus en plus chers, menaçant l'équité aux soins.”

Pour améliorer le nombre de médicaments arrivant en phase clinique, la start-up a mis au point une plateforme qui recueille à la fois des données sur les patients et des composants biologiques. En partenariat avec des hôpitaux, elle collecte ainsi plus de 40 variables pour chaque patient, comme l'histoire de sa maladie, ses lignes de traitement ou la manière dont il répond à tel ou tel médicament. “En plus, nous prélevons pour ces patients des cellules tumorales obtenues à partir d'une biopsie, poursuit Fanny Paulin. Ensuite, nous avons un laboratoire qui tourne avec de mini-avatars de tumeurs que l'on peut amplifier à l'infini.”  

Convaincre les laboratoires et les biotechs

La jeune pousse, qui stocke ses données sur des serveurs certifiés “Hébergeur de données de santé”, possède à ce jour plus de 200 avatars et compte passer la barre des 1000 avatars disponibles d'ici à fin 2026. La start-up se concentre pour l'heure sur les cancers digestifs, en particulier celui du pancréas. À noter qu'elle se définit comme une “tech bio”, partant de sa technologie d'analyse de données pour l'associer à la biologie, et non comme une biotech (qui travaille davantage dans le sens inverse).

Avec cette levée de fonds, elle espère surtout commercialiser ses solutions et nouer des partenariats avec les développeurs de médicaments, soit les laboratoires et les biotechs. “L'Institut Gustave Roussy est notre premier partenaire académique, mais nous créons des partenariats avec d'autres centres de lutte contre le cancer en France, fait remarquer Fanny Jaulin. Notre but, c'est aussi de partir à l'international, pour sourcer notre matériel dans d'autres zones géographiques.” Ce financement devrait aussi permettre à Orakl Oncology de recruter une dizaine de personnes, qui s'ajouteront aux 15 salariés déjà présents.

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