La guerre commerciale que se mènent les États-Unis et la Chine ne connaît aucun répit. Alors que nous sommes au beau milieu de l'été, l'administration Biden prévoit de dévoiler le mois prochain une nouvelle règle qui étendra les pouvoirs du pays de l'oncle Sam pour arrêter les exportations d'équipements de fabrication de semi-conducteurs de certains pays étrangers vers les fabricants de puces chinois. L'information, relatée par Reuters, provient de deux sources proches du dossier.
Il s'agirait d'une extension de ce que l'on appelle la règle sur les produits directs étrangers, qui interdirait à environ six usines chinoises du secteur de recevoir des exportations de nombreux pays. La règle sur les produits étrangers directs édicte que si un produit est fabriqué à l'aide d'une technologie américaine, le gouvernement américain a le pouvoir d'empêcher sa vente - y compris les produits fabriqués dans un pays étranger.
Une puce américaine utilisée dans n'importe quel équipement expose celui-ci à des restrictions
Les équipements, par exemple, pourraient être considérés comme soumis à des contrôles à l'exportation simplement parce qu'une puce contenant une technologie américaine y est incorporée. Cette règle est utilisée depuis plusieurs années pour empêcher la production de puces à l'étranger par le géant technologique chinois Huawei, qui a du faire preuve de créativité après avoir été confronté au mur de restrictions américaines.
Pour l'heure à l'état de projet, cette règle montre comment Washington cherche à maintenir la pression sur l'industrie chinoise des semi-conducteurs en plein essor. Les pays dont les exportations seraient affectées incluraient Israël, Taiwan, Singapour et la Malaisie.
Des pays alliés non soumis à ces restrictions
Toutefois, certaines exceptions auraient cours. Ainsi, les expéditions en provenance d'alliés qui exportent des équipements clés de fabrication de puces électroniques - dont le Japon, les Pays-Bas et la Corée du Sud - seraient exclues, limitant ainsi l'impact de la règle. Dans le détail, cela concerne des fabricants tels qu'ASML et Tokyo Electron.
Outre les trois pays cités précédemment, le projet de règlement exempte plus de 30 autres pays qui font partie du même groupe de classification créé par le ministère du Commerce. Ce dernier indique sur son site Internet qu'il classe les pays "en fonction de facteurs tels que les relations diplomatiques et les préoccupations en matière de sécurité. Ces classifications aident à déterminer les exigences en matière de licences et à simplifier les réglementations en matière de contrôle des exportations, garantissant ainsi un commerce international légal et sécurisé". Les exemptions prévues sont également un signe que les États-Unis doivent faire preuve de diplomatie lors de la mise en œuvre de ces restrictions.
La Chine contre-attaque
Interrogé sur le prochain plan de contrôle des exportations, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré que les efforts déployés par les États-Unis pour "contraindre d'autres pays à réprimer l'industrie chinoise des semi-conducteurs" sapent le commerce mondial et nuisent à toutes les parties. Lin Jian a ajouté que la Chine espère que les pays concernés résisteront aux efforts américains et préserveront leurs intérêts à long terme.
"L'endiguement et la répression ne peuvent pas arrêter le développement de la Chine, mais ne feront que renforcer la détermination et la capacité de la Chine à développer son autonomie scientifique et technologique", a-t-il déclaré. La dernière mesure prise par Pékin remonte à avril dernier : le gouvernement a sommé plus tôt cette année ses opérateurs de télécommunications d'exclure toute puce étrangère au sein de leurs équipements réseaux d'ici à 2027.
120 entités chinoises ajoutées à la longue liste de "commerce restreint"
Au-delà de cette annonce, les États-Unis prévoient également d’ajouter environ 120 entités chinoises à leur liste commerciale restreinte, qui comprendra une demi-douzaine d’usines de fabrication de puces appelées fabs, ainsi que des fabricants d’outils, des fournisseurs de logiciels EDA (automatisation de la conception électronique) et des sociétés connexes, précise Reuters.


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