Skynopy lève 15 millions d'euros pour sa solution de connectivité pour satellites

La start-up tricolore met au point un service de partage d'antennes sous-utilisées pour connecter les satellites en orbite basse. Après avoir intégré plus de 15 antennes existantes, Skynopy prévoit d'acheter et d'installer ses propres antennes à Saint-Pierre-et-Miquelon et sur l'île de la Réunion.

Solution Skynopy
Skynopy a pour l'heure intégré une quinzaine de stations sol (antennes) à son réseau.

Permettre aux opérateurs de satellites de les connecter à un réseau d'antennes au sol tierces, tout en réduisant la latence de la donnée et en améliorant le débit : c'est la mission que s'est fixée Skynopy. Après avoir levé 3,1 millions d'euros il y a tout juste un an, la start-up française du New Space annonce ce 30 juin une nouvelle opération de 15 millions d'euros. Le tour de table a été mené par Alven avec le soutien d'Expansion, d'Omnes et du Centre national d'études spatiales (Cnes) à travers son programme SpaceFounders.

Des connecteurs universels qui interagissent avec les réseaux existants

La jeune pousse est à l'origine d'une solution “satellite-as-a-service” permettant aux acteurs du secteur de brancher leurs appareils en orbite basse sur un réseau de stations sol existantes et sous-utilisées. Une offre qui donne la possibilité à de nombreux opérateurs de se développer plus rapidement, tout en faisant des économies, étant donné que chaque antenne coûte en moyenne un million d'euros et représente environ la moitié des dépenses d'exploitation.

“Le spatial est constitué de trois piliers : les lanceurs, les satellites et les stations sol, explique Pierre Bertrand, cofondateur et PDG de Skynopy. Sur les lanceurs et satellites, la France et l'Europe sont en train de rattraper leur retard par rapport à SpaceX, qui a divisé les coûts par dix sur ces segments. Sur les stations sol, ce que nous faisons, nous sommes dans une position pour prendre de l'avance.” Pour mettre au point son offre, Skynopy développe des connecteurs universels qui peuvent interagir avec les réseaux existants de stations sol.

Un temps de revisite d'un satellite compris entre 15 et 20 minutes

Moins de deux ans après sa création, Skynopy a intégré une quinzaine d'antennes. Un réseau en partie étoffé suite à un partenariat de septembre 2024 avec Amazon Web Services (AWS), qui dispose d'antennes et gère Ground Station, un service de contrôle des communications satellites et de traitement des données. La jeune pousse s'est également associée à la start-up toulousaine Kinéis, à l'origine d'une constellation européenne pour les objets connectés.

Skynopy assure également que sa solution réduit considérablement le temps de revisite, soit la durée écoulée entre les observations d'un même point terrestre par un satellite. “En moyenne, nous avons près de 90 contacts possibles par jour, poursuit Pierre Bertrand. La revisite est comprise entre 15 et 20 minutes. C'est une métrique très importante pour les clients : pouvoir télécharger sa donnée plus souvent.”

Des tests menés avec Airbus

D'après Skynopy, la solution permet aussi de doubler le volume de données téléchargées lors d'un passage. La jeune pousse a sécurisé de premiers contrats, notamment avec l'opérateur de satellites français Prométhée Earth et le bulgare EnduroSat. Elle a également mené des tests avec Airbus, afin de télécharger des données provenant des satellites d'observation de la Terre Pléiades Neo.

La start-up prévoit d'acheter et d'installer l'année prochaine ses deux premières antennes, l'une sur l'île de la Réunion et l'autre à Saint-Pierre-et-Miquelon. “Il existe des fréquences que nous ne pouvons pas utiliser lorsque nous sommes aux États-Unis, précise le cofondateur de Skynopy. C'est intéressant d'avoir un acteur français sur cette partie. Ensuite, nous souhaitons avoir des stations relativement au nord pour communiquer plus souvent avec le satellite.” Une partie des fonds devrait aussi servir à disposer de suffisamment de moyens pour déployer “AKAR”, un réseau “unifié, haut débit et en temps réel”. Skynopy espère franchir la barre de la centaine d'antennes sur son réseau à horizon 2028.

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