Télémédecine : 1,7 milliard d'euros plus tard, l'Etat cherche son équilibre

Dans le cadre du lancement des Assises de la télémédecine, l'Assurance maladie et la Direction générale de l'offre de soins font un point sur cette pratique afin de structurer son avenir. Avec près de 1,7 milliard d'euros remboursés en cinq ans, la télémédecine est désormais une ligne budgétaire significative. 

Télémédecine
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"Notre ambition est de consolider un cadre clair, équilibré et durable, au service d’une télémédecine qui garantisse un haut niveau de qualité des soins, au bénéfice de tous" Voici comment Thomas Fatôme, directeur général de l’Assurance Maladie, a résumé l'objectif des Assises de la télémédecine, qui se sont ouvertes le 27 juin.

Dans ce cadre, une série d'ateliers régionaux est prévu de septembre à décembre 2025, avec des thématiques allant de la vulnérabilité des publics à la coordination territoriale, en passant par la qualité des actes. En janvier 2026, des conclusions seront proposées au ministère de la Santé. Elles ont pour ambition de poser "les bases de recommandations solides et opérationnelles, adaptées aux besoins des patients". 

Une hausse des actes en 2024

A l'occasion de cette nouvelle étape, l'Assurance maladie et la Direction générale de l'offre de soins (DGOS) ont fait le point sur cette pratique qui s'est démocratisée depuis la pandémie de Covid-19. Depuis 2020, la France a enregistré près de 69 millions de téléconsultations, représentant 1,7 milliard d'euros remboursés par l'Assurance maladie. L'année 2024 a marqué un retour de la croissance avec 13,9 millions d'actes, en hausse de 18,7%. Cette tendance se confirme au premier trimestre 2025. 

Dans le détail, 55% des actes sont encore réalisés par des professionnels libéraux, mais leur part diminue. Les plateformes de téléconsultation privées représentent 40% du marché en 2024, contre 6% en 2021. Pour les spécialistes, la téléconsultation représente 7% des consultations pour les psychiatres, 6% pour les endocrinologues, 3% pour les gynécologues. 

Le portrait robot d'un usage de la télémédecine

Globalement, ce sont les femmes qui recourent le plus à la télémédecine, en particulier les plus jeunes, avec un pic entre 20 et 30 ans. Les chiffres montrent, cependant, une ré-augmentation après 75 ans. Sans grande surprise, les patients ayant téléconsulté un médecin généraliste libéral résident le plus souvent dans les communes les plus favorisées. A l'inverse, les patients ayant téléconsulté via les plateformes de téléconsultation résident davantage dans des communes avec une faible accessibilité à un médecin généraliste. 

Dans le cadre de ces échanges, la Fédération des médecins téléconsultants (FMT), qui rassemble les médecins salariés des plateformes de téléconsultation agréées par le ministère de la Santé, a formulé une série de propositions pour débloquer l'accès aux soins dans les déserts médicaux. Elle recommande de créer un accord spécifique avec l’Assurance Maladie pour les plateformes agréées, d'assouplir le plafond d’activité à distance pour certains publics prioritaires et mieux intégrer la téléconsultation aux dispositifs territoriaux. Ces changements permettraient de générer 113 millions d’euros d’économies annuelles pour le système de santé, affirme la FMT. 

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