Conduite autonome : Waymo étend son service de taxis aux autoroutes de San Francisco, Los Angeles et Phoenix

Les Jaguar I-Pace équipés de la solution de conduite autonome de Waymo peuvent désormais emprunter des autoroutes autour de San Francisco, Los Angeles et Phoenix. Une expansion qui permet à la filiale d'Alphabet de couvrir une clientèle plus large, habituée aux trajets interurbains. En parallèle, Waymo a annoncé une extension de sa zone de desserte dans la baie de San Francisco et le lancement d'un service à l'aéroport de San Jose Mineta.

Jaguar I-Pace Waymo autoroutes
Jaguar I-Pace Waymo autoroutes

Longtemps cantonnés aux agglomérations, les taxis autonomes circulent désormais sur autoroute. Waymo, filiale de conduite autonome d'Alphabet, a annoncé le 12 novembre accueillir ses premiers clients sur voie rapide autour de la baie de San Francisco, de Los Angeles et de Phoenix. Pour l'heure, la conduite sur autoroute sera proposée à certains utilisateurs de l'application Waymo en accès anticipé, qui devront en faire la demande.

Une décennie de tests

Les véhicules rouleront jusqu'à la vitesse maximale autorisée sur ces portions d'autoroutes, soit dans la plupart des cas 65 mph (105 km/h). La conduite sur autoroute comporte son lot de défis, les principaux dangers provenant des voies d'insertion et de sortie. Les accidents sont plus rares qu'en agglomération, compte tenu de l'absence de piétons et d'intersections, mais bien plus dangereux. “L'intégration des autoroutes repose sur une solide expérience pratique, fruit de millions de kilomètres parcourus sur ces axes”, assure Waymo, qui teste ses véhicules sur ce type de voies depuis plus de dix ans. La filiale d'Alphabet a complété ses tests par des essais sur circuits fermés et par des simulations.

Avec cette expansion, Waymo cherche surtout à élargir sa clientèle, en s'adressant à des utilisateurs se déplaçant régulièrement entre plusieurs villes ou pour des trajets domicile-travail étendus. “Nous offrons l'accès à l'autoroute à un nombre croissant d'usagers et étendrons progressivement ce service, notamment (…) à Austin, Atlanta et au-delà”, précise Waymo, qui exploite un service avec Uber dans ces deux villes. L'ouverture aux autoroutes est en outre une condition sine qua non pour que l'entreprise propose des trajets vers et depuis l'aéroport de San Francisco. Ce dernier a donné son feu vert en septembre.

Une extension du service à l'aéroport de San Jose

Waymo a également annoncé l'expansion de sa zone de desserte à “l'ensemble de la péninsule de San Francisco”, permettant aux clients d'être pris en charge depuis San Francisco jusqu'à San Jose en passant par San Mateo, Redwood City, Palo Alto ou encore Mountain View, où est situé le siège social de sa maison mère. La société a enfin annoncé le lancement d'un service de prise en charge et de dépose en bordure de rue à l'aéroport international de San Jose Mineta (12 millions de passagers accueillis en 2024). Depuis l'été dernier, elle propose un service similaire à l'aéroport international Sky Harbor de Phoenix.

Aux États-Unis, Waymo est à ce jour la seule société à exploiter un service de taxis autonomes à proprement parler et à en tirer des revenus. Elle revendiquait fin avril la réalisation de 250 000 trajets payants hebdomadaires et disposerait d'une flotte de près de 2000 véhicules (dont 800 à San Francisco et sa région, 500 à Los Angeles et 400 à Phoenix). Elle prévoit d'étendre son service dans plusieurs villes américaines l'année prochaine, parmi lesquelles Dallas, Denver, Detroit, Las Vegas, Miami, Nashville avec Lyft, San Diego et Washington D.C..

May Mobility, Zoox et Tesla n'exploitent pas de service autonome complet

En face, la concurrence n'en mène pas large : la start-up May Mobility a lancé un service avec Lyft à Atlanta, mais avec des conducteurs de sécurité, tandis que Zoox, filiale d'Amazon, fait rouler ses véhicules sans volant ni pédales à Las Vegas sur des itinéraires prédéfinis et sans faire payer les trajets. Enfin, Tesla, qui annonçait fièrement cet été le lancement d'un “service” à Austin, reste sous le feu des critiques : ses véhicules embarquent également un conducteur de sécurité et ne sont disponible que dans une zone limitée. Certains taxis ont même été aperçus en freinant brusquement, en roulant sur le trottoir ou à contresens. Plusieurs actionnaires ont depuis déposé une action collective contre Tesla et Elon Musk pour fraude boursière.

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