Cette semaine, l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), agence rattachée à l'ONU, a dévoilé un rapport sur les brevets déposés dans le domaine de l'intelligence artificielle. L'OMPI, en charge de superviser un système permettant aux pays de partager la reconnaissance des brevets, affirme que la demande de dépôt de brevets a explosé alors que les solutions d'IA générative se sont largement multipliées, amenant à plus de 50 000 demandes de brevets déposées au cours de la dernière décennie.
Sans surprise, un quart d'entre elles ont été déposées au cours de la seule année 2023. Interrogé par Reuters, Christopher Harrison, responsable de l'analyse des brevets à l'OMPI, indique qu'"il s'agit d'un domaine en plein essor, qui se développe de plus en plus rapidement. Et nous nous attendons à ce qu'il se développe encore davantage". Il apparaît que la Chine est très en avance sur les autres pays en matière d'inventions d'IA générative comme les chatbots, déposant six fois plus de brevets que son plus proche rival, les Etats-Unis.
La Chine, numéro un des inventions déposées
Plus de 38 000 inventions d'IA générative ont été déposées par la Chine entre 2014 et 2023, contre 6 276 déposées par les États-Unis au cours de la même période, a indiqué l'OMPI. Ces demandes couvrent un spectre pour le moins large de secteurs : conduite autonome, météo, gestion des documents, édition, etc. Bien évidemment, les entreprises chinoises ayant procédé à ce type de demande sont largement connues. Se trouvent en pole position les sociétés ByteDance, propriétaire de l'application vidéo TikTok et le géant du e-commerce Alibaba Group. Au pays de l'oncle Sam, c'est Microsoft qui dépose le plus de brevets.
Le pays doit également sa position de champion des brevets à la qualité de ses chercheurs. D’après l’Institut australien de stratégie politique, pour certaines des 44 technologies d’avenir étudiées, les dix meilleurs centres de recherche du domaine sont chinois. De même, le pays a réussi à se prendre de l'avance sur 37 de ces technologies identifiées comme critiques. Parmi elles, se trouvent notamment la défense, l’espace, la robotique, l’environnement, les biotechnologies ou l’intelligence artificielle.
Sur les sept autres technologies - incluant les supercalculateurs ou les petits satellites, ce sont les chercheurs américains qui mènent la danse, le pays étant classé deuxième la plupart du temps. Au-delà de ces deux puissances, seuls l’Inde et la Grande-Bretagne émergent.
La Corée du Sud, le Japon et l'Inde dans le top 5
Dans son index, la revue Nature indiquait par ailleurs que la Chine se classe au premier plan de la recherche en sciences physiques, chimie et sciences de la terre et de l’environnement. Pour en revenir au rapport de l'OMPI, notons que la Corée du Sud, le Japon et l'Inde se classent respectivement aux troisième, quatrième et cinquième rangs, l'Inde affichant le taux de croissance le plus élevé, selon les données.
Pékin doit également ce classement à la puissance publique. Fin mai, le pays annonçait un investissement de 44,12 milliards d'euros dans les semi-conducteurs via son véhicule d'investissement baptisé "Big Fund". Cette troisième phase du fonds, largement financée par l'Etat et diverses banques, doit venir renforcer le soutien aux équipementiers qui fournissent – entre autres – les machines nécessaires au processus de gravure des puces. Le tout dans un contexte de tensions accrues entre l'empire du Milieu et les Etats-Unis.
En conclusion de son rapport, l'OMPI a indiqué qu'elle s'attendait à ce qu'une nouvelle vague de brevets soit bientôt déposée et qu'elle prévoyait de publier une mise à jour des données, en utilisant éventuellement l'IA générative pour illustrer la tendance. Même les grandes organisations de ce monde se mettent à l'IA en fin de compte.


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