La mauvaise passe se poursuit pour Intel. Le fondeur américain a annoncé le 24 juillet qu'il allait à nouveau supprimer 15% de ses effectifs, soit 21 400 postes, ramenant le nombre de salariés à 75 000 pour la fin d'année. La firme employait 96 400 personnes en juin et 108 900 fin 2024. Une proportion légèrement inférieure à ce qu'avait révélé Bloomberg en avril, à propos d'une réduction de 15 à 20% de son personnel. Les suppressions de postes se feront via des licenciements et des départs volontaires.
Un chiffre d'affaires stable mais une perte nette qui se creuse
“Ces changements visent à créer une organisation plus dynamique, plus homogène et plus agile”, justifie Intel dans un communiqué. Son CEO Lip-Bu Tan, nommé en mars, cherche notamment à réduire les strates hiérarchiques et à s'orienter vers une culture d'entreprise remettant l'ingénierie au centre. “Nous nous concentrons sur le renforcement de notre portefeuille de produits phares et notre roadmap en matière d'IA, s'est défendu Lip-Bu Tan. (…) Cela prendra du temps mais nous voyons des opportunités concrètes pour renforcer notre position concurrentielle.” En août dernier, Intel s'était déjà délesté de 15 000 salariés dans le cadre d'un plan de réduction des dépenses atteignant les 10 milliards de dollars cette année.
L'annonce d'Intel intervient au moment de la publication de ses résultats pour le second semestre. Le chiffre d'affaires de la firme se stabilise pour atteindre les 12,9 milliards de dollars (12,8 milliards au deuxième trimestre 2024), un montant supérieur aux 11,92 milliards de dollars attendus par le consensus d'analystes. Ailleurs, le tableau est moins rose : le fondeur a enregistré une perte nette de 2,9 milliards de dollars (2,4 milliards d'euros), soit près du double d'il y a un an (1,6 milliard de dollars). Il espère atteindre son objectif de réduction des dépenses d'exploitation à 17 milliards de dollars pour 2025, puis 16 milliards de dollars en 2026.
Adieu les gigafactories européennes
En dehors des suppressions de postes, Intel a décidé d'annuler les projets de construction d'usines prévus en Allemagne et en Pologne. L'entreprise avait prévu d'y faire naître des gigafactories qui emploieraient 3000 salariés. Les installations d'assemblage et de test présentes au Costa Rica seront fermées afin de recentrer ces activités sur des sites plus importants au Vietnam et en Malaisie. “Par ailleurs, Intel ralentira encore le rythme de construction dans l'Ohio afin d'adapter les dépenses à la demande du marché”, ajoute la société.
Intel entend bien redresser la barre pour ne pas se laisser davantage distancer par Nvidia et AMD sur le marché de l'IA. “Il n'y aura plus de chèque en blanc, écrit le CEO d'Intel dans un courrier envoyé aux salariés. Chaque investissement doit être rentable. Nous créerons ce dont nos clients ont besoin, quand ils en ont besoin, et gagnerons leur confiance grâce à une exécution rigoureuse.” Une trajectoire déjà empruntée par l'entreprise : elle a annoncé en avril la cession de 51% des parts de sa filiale de puces programmables Altera et s'apprête à fermer son activité de puces pour l'automobile. Ses activités marketing ont enfin été en partie externalisées au géant du conseil Accenture.
Parmi les autres priorités évoquées, Intel indique qu'il devrait bientôt lancer l'une de ses prochaines puces pour PC : “Le premier SKU [numéro de référence] de processeur Panther Lake est sur la bonne voie pour commencer à être expédié plus tard cette année, avec des SKU à venir au cours du premier semestre 2026.” Le géant des semi-conducteurs compte également “poursuivre [ses] progrès sur Nova Lake”, sa future génération de processeurs de bureau, et se focaliser sur “la reconquête de parts de marché” dans les data centers.


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