La nouvelle a des airs d'épisode final de feuilleton télévisé. Le 4 octobre 2025, Google a proposé à la justice américaine une résolution de la guerre juridique qui l'oppose à Epic Games depuis 2020. Dans cet épineux dossier, lequel a connu de nombreux rebondissements en cinq ans, l'éditeur de jeux vidéos dénonçait les pratiques de la filiale d'Alphabet sur son magasin d'applications Play Store, qu'il estimait anticoncurrentielles. Jusqu'à ce coup de théâtre : Google, qui a toujours nié le moindre faux pas et a même fait appel à la Cour suprême pour se défendre, a finalement décidé de s'engager sur un terrain d'entente avec le développeur de Fortnite.
Des mesures taillées pour convaincre
La proposition de résolution de Google a été déposée conjointement avec Epic Games devant le tribunal fédéral de San Francisco, aux Etats-Unis. Elle devra être examinée par James Donato, le juge qui avait présidé un procès remporté par l'éditeur de jeu vidéo en 2023 et qui, l'année suivante, avait imposé des réformes majeures du Play Store au géant de la recherche en ligne. Ce dernier avait par la suite contesté sans succès cette injonction devant une cour fédérale et avait également demandé à la Cour suprême d'en geler certaines parties, ce que la plus haute juridiction américaine a refusé de faire en octobre.
Dos au mur, Google a donc fait le choix du compromis. Si elle était validée par la justice, sa résolution permettrait aux utilisateurs du système d'exploitation Android de télécharger et d'installer plus facilement des boutiques d'applications tierces. Les développeurs d'applications seraient autorisés à diriger leurs utilisateurs vers d'autres méthodes de paiement que celles de Google, et ce tant au sein des applications que via des liens web externes.
Sur ce point, les commissions prélevées par Google sur les transactions effectuées depuis les applications du Play Store via d'autres options de paiement seraient plafonnées à 9% pour les nouvelles installations. Pour les applications déjà installées, les commissions resteront de 20%.
Une proposition "remarquable" selon Epic Games
La plainte d'Epic Games pourrait donc avoir des conséquences majeures pour l'écosystème Android à l'échelle mondiale. Comme l'a relevé l'agence de presse britannique Reuters, les deux parties ont affiché leur satisfaction quant à cette tentative d'entente. Sameer Samat, président de l'écosystème Android chez Google, a déclaré que les modifications proposées garantissaient la sécurité des utilisateurs tout en offrant davantage de flexibilité aux développeurs et aux consommateurs. Sur le réseau social X, Tim Sweeney, le patron d'Epic Games, a de son côté qualifié la proposition de "remarquable" et Android de "plateforme ouverte".
La balle est désormais dans le camp de la justice américaine. De nombreuses mesures de l'injonction réalisée en 2024 pourraient ainsi être conservées intactes et Sameer Samat a fait savoir que le juge fédéral James Donato devrait rencontrer, jeudi 6 novembre, les avocats des parties lors d'une audience. Reste désormais à savoir quand et comment Google prévoit de procéder à ces modifications et si celles-ci pourraient inciter les autres acteurs de la vente d'applications et jeux vidéo comme Apple, Valve ou Microsoft à revoir leurs barèmes de commissions sur les achats et les microtransactions.


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