26,1% : c'est la proportion des fonds marins de la planète qui ont été cartographiés à ce jour, selon un rapport de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) publié à la mi-juin. Cosma, start-up française à l'origine de drones sous-marins autonomes, entend améliorer la compréhension de ces écosystèmes. Elle a annoncé le 30 juin une levée de fonds de 2,5 millions d'euros auprès de Wind et Ternel, avec le soutien de l'Ifremer – qui détient 10% du capital, de 50 Partners et de la Caisse d'épargne Côte d'Azur.
Des drones qualifiés pour descendre à 300 mètres de profondeur
Fondée en 2022, Cosma développe des drones de cartographie des fonds marins destinés à sécuriser les infrastructures sous-marines et mieux protéger la biodiversité. “Nous avons évalué où étaient les goulots d'étranglement et facteurs de coûts dans l'acquisition de données en fond de mer, explique Frédéric Mittaine, CEO de Cosma. Soit l'on prend un drone très autonome, qui quitte le port et y rentre sans bateau, mais il n'y en a pas beaucoup. Soit, une autre optique, c'est d'aller avec le bateau qui coûte le moins cher possible et de déployer le plus de capteurs. C'est notre approche.”
Cosma a alors mis au point de petits robots de moins de 25 kg, déployables et récupérables à la main, qualifiés pour descendre jusqu'à 300 mètres sous la surface et autonomes pendant six heures. “Concernant la prise de vues, l'eau de mer est une soupe opaque aux signaux GPS, poursuit Frédéric Mittaine. Nos drones vont donc naviguer entre 60 centimètres et 5 mètres du fond en fonction des conditions de visibilité.”
Un essaim d'une dizaine de drones en construction
En naviguant en formation serrée, les drones vont pouvoir capturer suffisamment d'images – environ 100 000 par hectare – pour établir un modèle du fond de mer avec des outils de photogrammétrie. Les données sont ensuite stockées sur un environnement cloud et analysées avec des algorithmes de reconnaissance d'habitats et d'espèces. La start-up, basée à Nice et hébergée dans l'unité de systèmes sous-marins de l'Ifremer à La Seyne-Sur-Mer (Var), construit actuellement un essaim d'une dizaine de drones.
Cosma s'adresse aussi bien aux communes littorales et parcs marins, qui cherchent à comprendre et protéger la biodiversité, qu'aux industriels de la mer. “Les industriels ont des enjeux d'environnement, de recherche d'espèces protégées et fragiles, mais aussi de sécurité de leurs infrastructures, poursuit le CEO de la jeune pousse. Il faut s'assurer qu'il n'y ait pas d'espèces protégées sur site, pas de sites archéologiques ou d'obstacles et de dangers”.
Cosma explore des cas d'usage avec RWE et la Marine nationale
La start-up a réalisé de premiers projets avec le groupe d'ingénierie Egis, avec SeaForester, une société spécialisée dans la plantation d'algues brunes au Portugal ainsi qu'avec la WWF. Elle travaille également avec le conglomérat allemand RWE pour des cas d'usage dans l'éolien offshore et avec la Marine nationale pour des activités de déminage et de dépollution pyrotechnique.
Avec cette levée de fonds, Cosma entend industrialiser sa flotte pour intervenir en haute mer. “Si l'on suit les objectifs que nous nous sommes fixés, nous aurons quelques centaines de drones d'ici 2030”, ajoute le CEO, en précisant rester dans une optique d'assemblage sur-mesure plutôt que d'ouvrir une usine. La start-up compte également améliorer sa plateforme logicielle et ses outils d'analyse.


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