Le fonds public d'investissement saoudien (PIF) rêvait d'acquérir un éditeur de jeux vidéo majeur, afin de parfaire sa stratégie offensive de diversification dans l'industrie vidéoludique.
C'est désormais chose faite : dans un communiqué paru lundi 29 septembre, le géant Electronic Arts (surnommé EA, à l'origine notamment des licences à succès EA Sports FC, Les Sims et Battlefield) a annoncé avoir définitivement accepté une offre de rachat à 55 milliards de dollars (près de 47 milliards d'euros) réalisée par un consortium d'investisseurs composé du PIF, de Silver Lake et d'Affinity Partners. Une acquisition historique pour le secteur.
Jared Kushner parmi les acquéreurs
"Le PIF, Silver Lake et Affinity Partners apportent leur grande expérience du secteur, des capitaux engagés et des portefeuilles mondiaux avec des réseaux dans les domaines des jeux, du divertissement et du sport qui offrent à EA des possibilités uniques de combiner expériences physiques et numériques, de renforcer l'engagement des fans et de créer de nouvelles opportunités de croissance", a commenté le conseil d'administration de l'éditeur nord-américain. Les profils de ses acquéreurs sont pourtant pour le moins surprenants. Affinity Partners n'est autre que la société d'investissement fondée en 2021 par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.
De son côté, le géant américain du capital-investissement Silver Lake réalise ainsi son deuxième investissement dans le secteur du jeu vidéo, depuis une prise de participation dans le fabricant du moteur de jeu Unity en 2017. La société a récemment fait parler d'elle car elle est citée parmi celles qui se sont positionnées pour le rachat des activités américaines du réseau social chinois TikTok.
Quant au PIF et plus largement aux Saoudiens, il s'agit pour eux d'une confirmation de leurs engagements précédents dans le jeu vidéo – ils ont notamment acquis l'éditeur de jeux mobiles Scopely en 2023 – à des fins de diversification mais aussi et surtout de soft power.
Une transaction qui illustre la faiblesse du secteur
Le PIF possédait d'ailleurs déjà 7,4 millions d'actions d'Electronic Arts (9,9% de la société), qu'il avait achetées en 2021 pour une valeur de 1,1 milliard de dollars. Le rachat complet de l'éditeur implique désormais que ses actions ne seront plus cotées sur aucun marché public, explique le communiqué.
La transaction "devrait être finalisée au cours du premier trimestre de l'exercice 2027 et est soumise aux conditions de clôture habituelles, notamment l'obtention des autorisations réglementaires requises et l'approbation des actionnaires d'EA", a également fait savoir l'entreprise. Celle-ci continuera d'être dirigée par Andrew Wilson, son CEO actuel.
Un pari sur une réduction des coûts grâce à l'IA
Si les participations des uns et des autres au sein de ce consortium d'acquéreurs n'ont pas été détaillées, leur plan pour l'avenir d'Electronic Arts semble tout tracé.
D'après des sources interrogées par le quotidien britannique The Financial Times, "les investisseurs parient que les réductions de coûts liées à l'intelligence artificielle vont considérablement augmenter les bénéfices d'EA dans les années à venir". Un plan qui illustre la faiblesse actuelle du secteur du jeu vidéo – EA avait montré des signes de difficulté en 2024 –, qui traverse une révolution technologique comme l'IA et une phase de consolidation après des années fastes dues à la pandémie de Covid-19.


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