C'est une forme de préférence nationale à laquelle ne sont pas habituées les grandes entreprises de la Silicon Valley. Vendredi 19 septembre 2025, la Maison Blanche a annoncé la mise en place, à partir de dimanche 21 septembre, de frais de 100 000 dollars (85 000 euros) pour les visas technologiques H-1B. Ces titres de séjour permettent chaque année à des travailleurs étrangers spécialisés de rejoindre des entreprises américaines, pour une période de trois ans renouvelable une fois.
"Cela permettra de garantir que les personnes recrutées [par les entreprises] sont réellement hautement qualifiées et qu'elles ne peuvent être remplacées par des travailleurs américains", a commenté Will Scharf, secrétaire du personnel de la Maison Blanche, cité par le quotidien britannique The Financial Times. Et la Maison Blanche d'inciter ces employeurs, notamment de la Silicon Valley, à plutôt aller chercher leurs nouveaux talents au sortir des universités américaines.
Des visas prisés par les Gafam
Ce système est pourtant l'une des pierres angulaires du succès de la tech américaine. En 2024, les Etats-Unis ont approuvé quelque 400 000 de ces visas H-1B, autorisant ainsi l'entrée sur le territoire américain de nombreux travailleurs occupant des postes importants. D'après les dernières données disponibles, trois quarts des salariés concernés sont nés en Inde, un pays fortement représenté dans les effectifs de la Silicon Valley, de la base jusqu'à la tête des plus grandes entreprises.
Si la nouvelle risque d'irriter le pays le plus peuplé du monde, elle est aussi un facteur potentiel de mécontentement pour la tech américaine. Les employeurs sont en effet directement concernés puisque ce sont eux, et non les candidats qu'ils espèrent recruter, qui devront s'acquitter des 100 000 dollars de frais. Une potentielle dépense considérable pour Amazon, en tête des entreprises recourant le plus aux visas H-1B, suivi par Tata Consultancy Services, Microsoft, Meta, Apple et Google.
La tech face à la politique anti-immigration de Trump
Pour l'heure, ces frais ne s'appliquent qu'aux nouvelles candidatures et non aux renouvellements des visas, ce qui devrait éviter une panique immédiate chez ces grands groupes. Certains d'entre eux, comme Amazon, Microsoft et Google, ont toutefois préféré, ce week-end, inviter leur main-d'oeuvre étrangère à ne pas quitter le territoire américain ou à le rejoindre le plus rapidement possible, avant l'entrée en application de ces nouveaux tarifs.
Ce n'est pas la première fois que la tech se heurte à la politique anti-immigration de Donald Trump – lors de son premier mandat, le président américain s'était déjà attaqué aux visas H-1B. Mais depuis début 2025, les intérêts des entreprises implantées aux Etats-Unis s'en sont trouvés fortement touchés. Début septembre, comme l'a raconté Le Monde, une usine des sociétés sud-coréennes LG et Hyundai basée en Géorgie a notamment fait l'objet d'un raid de la police de l'immigration, laquelle a raflé près de 500 travailleurs.


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