Pour son dixième anniversaire, la French Tech a connu une année 2023 difficile. Selon le baromètre annuel publié par EY, les levées de fonds ont en effet chuté de 38% en valeur, se chiffrant à 8,3 milliards d’euros contre 13,5 milliards en 2022 - année de tous les records.
Fin de l’argent facile
Ce repli, qui n'épargne aucun pays, trouve sa source dans le resserrement des politiques monétaires, dans un contexte de forte inflation. Cela a mis un terme à la période d’argent facile, qui avait dopé les investissements dans les start-up en 2021 et en 2022. Et qui avait fait s’envoler les valorisations.
En France, la période d’euphorie autour des jeunes pousses technologiques avait aussi été stimulée par l'activité de grands fonds étrangers, comme le japonais Softbank ou l’américain Tiger Global, capables d’injecter des centaines de millions d’euros. Ces acteurs ne sont désormais plus présents.
Chute des mega-levées
De fait, plus de la moitié de la baisse en valeur des sommes récoltées par les start-up tricolores provient de la chute des mega-levées, ces tours de table supérieurs à 100 millions d’euros. Sur l’ensemble de l'année, seulement 13 opérations ont dépassé ce montant, contre 29 en 2022. Elles ont représenté 2,6 milliards d’euros contre 6,2 milliards l'année précédente.
A l'opposé, le nombre de levées de fonds en amorçage et en Série A a légèrement progressé, pour un montant total récolté en très légère baisse. Mais cette bonne tenue cache une évolution moins positive : les multiples de valorisation ont chuté. Et donc la dilution, c'est-à-dire la part du capital cédée aux investisseurs, a fortement augmenté.
Reprise en 2024 ?
Les plus optimistes pourront cependant souligner deux points. D’une part, les chiffres de 2023 sont bien meilleurs que ceux enregistrés en 2020, alors que les deux années suivantes sont désormais considérées comme des “anomalies” post-Covid. D’autre part, le ralentissement a été beaucoup moins marqué au deuxième semestre qu’un premier.
“L’année 2024 devrait être intéressante, conjuguant montée en puissance des drivers de croissance sectoriels (IA, Greentech) et baisse annoncée des taux, ce qui devrait garantir une accélération des investissements pour la FrenchTech”, prédit ainsi Franck Sebag, associé chez EY.


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