SAP monte dans le train de l’IA physique. Lors de son évènement TechEd annuel, qui se tient du 4 au 6 novembre à Berlin, Philipp Herzig, CTO et Chief of AI de l’entreprise, a annoncé vouloir développer des “robots capables de comprendre quoi, quand et comment agir en fonction du contexte commercial et des politiques en vigueur”.
Une première pierre a été posée en juin, lorsque SAP s’est associée à la start-up allemande Neura Robotics, à l’origine du robot humanoïde 4NE1, et à Nvidia. L’objectif : créer une “nouvelle génération d’agents physiques connectant les systèmes d’entreprise à l’action dans le monde réel”. Dans le cadre de ce partenariat, les agents d’IA de SAP seront directement intégrés aux humanoïdes de Neura, qui exécuteront les tâches. Le comportement des agents pourra être ensuite affiné et optimisé par les équipes en utilisant le framework Mega Omniverse Blueprint de Nvidia.
Se diriger vers un approvisionnement “juste à temps”
“Au cours des derniers mois, nous avons créé un écosystème de partenaires afin de concrétiser ce projet de bout en bout, ajoute Philipp Herzig. Et maintenant, nous le construisons ensemble avec nos clients”. Parmi ces premiers clients figure Bitzer, un important constructeur de solutions de réfrigération, de climatisation et de technologies de pompes à chaleur. Basé près de Stuttgart, Bitzer compte 75 sites à travers le monde – dont 21 de production – et a enregistré un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros en 2024.
Dans le cadre d’un projet pilote de quelques jours, les équipes de Bitzer ont pu donner plusieurs instructions de prélèvement au robot humanoïde 4NE1 de Neura, en utilisant la plateforme Extended Warehouse Management (EWM) de SAP. “Nous avons découvert qu’il existait un cas d’usage sur notre site de Rottenburg, où nous fabriquons des compresseurs, explique à L’Usine Digitale Philipp Baur, chargé de développement de systèmes de test chez Bitzer. Il existe un endroit pour la préparation de roulements à bille et leur traitement sur la chaîne de montage, cela prend beaucoup d’espace. Avec ce POC, nous pensons évoluer vers un approvisionnement ‘juste à temps’.”
Pas d’intermédiaire entre SAP et le robot humanoïde de Neura
Plus concrètement, l’industriel souhaite qu’à partir du moment où une commande est lancée sur la chaîne de montage, il puisse y avoir un déclenchement parallèle depuis SAP afin que le robot humanoïde commence à préparer le jeu de roulements à bille dans un entrepôt externe. Pour réussir ces essais, SAP a amélioré son copilote Joule et enrichi les agents qu’il coordonne.

Il suffit ainsi à un opérateur de production d’accéder à la solution SAP S/4HANA Cloud for Extended Warehouse Management via la plateforme Business Technology de l’éditeur et de lancer Joule, en lui demandant d’effectuer le prélèvement de tel ou tel objet (cf.ci-dessus), avant que le robot ne s’exécute. Le copilote génère ensuite plusieurs informations sur la réalisation ou non de la tâche, s’il a effectué une inspection visuelle et les actions exactes menées.
Un robot entraîné sur la plateforme Isaac Sim de Nvidia
“Une unité de R&D s’est chargée de créer des fichiers 3D de plans numérisés du site, explique à L’Usine Digitale Christian Stenzel, VP of Corporate Organization and IT chez Bitzer. Toutes ces données ont ensuite été envoyées à Neura, qui les a utilisées pour entraîner le robot sur la plateforme Nvidia [Isaac Sim, NDLR]. Nous avons ensuite visité les laboratoires de Neura pour voir comment le robot fonctionnait réellement.”
Neura Robotics est considérée comme l’une des start-up les plus prometteuses de la robotique humanoïde en Europe. Son appareil phare 4NE1, inauguré en août 2024, est capable d’après la jeune pousse de “travailler de manière autonome et en toute sécurité avec les humains dans des environnements réels” et ce en continu grâce à un système à double-batterie. Il dispose de capacités avancées de reconnaissance d’humains et d’objets, ce qui lui permettant d’adapter son comportement en temps réel.
Vers une éventuelle généralisation de la solution ?
En cas de commercialisation de la solution, l’industriel espère éviter l’accumulation de stocks tout en étant plus efficace. “Nous pensons que cela ajoute de la flexibilité et de l’agilité à notre production, appuie Christian Stenzel. Nous sommes confrontés à d’énormes fluctuations de la demande et à des périodes de pointe dans le secteur de la réfrigération.” Interrogé sur une éventuelle généralisation, Michael Ameling, président de la plateforme Business Technology de SAP, a déclaré : “Je ne veux pas m’étendre sur l’aspect commercial, mais il est évident que cela viendra naturellement avec les bons cas d’usage”.


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