Les plateformes chinoises d'e-commerce Shein et Temu sont dans le viseur de plusieurs parlementaires du Nord. Huit députés et quatre sénateurs ont adressé, lundi 12 mai, un courrier au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, Eric Lombard, comme l'a révélé le pureplayer spécialisé Contexte. Objectif : l'alerter sur la "concurrence déloyale" exercée par ces acteurs asiatiques.
pLUSIEURS "déséquilibres profonds"
Dans cette lettre, les élus issus de différents groupes parlementaires (EPR, Horizons, LIOT, UC) dénoncent des "déséquilibres profonds" causés par le développement de ces plateformes en France : "pression accrue sur les commerces de proximité, risques pour la sécurité des consommateurs, non-respect des normes sociales et environnementales, et impact environnemental considérable lié à la multiplication des livraisons par voie aérienne".
Les auteurs du courrier déplorent par ailleurs que les produits à très bas prix commercialisés sur Shein et Temu échappent la plupart du temps aux droits de douane, la valeur des colis n'atteignant pas le seuil réglementaire de 150 euros. En somme, ces applications très populaires empêcheraient toute concurrence saine et feraient chuter les ventes des commerçants français et causeraient chez eux des pertes d'emplois.
"Que les règles soient les mêmes pour tous"
Le ministre Eric Lombard est donc invité à réagir : "[Les commerçants français] se battent, mais ils ont aujourd’hui besoin de l’appui de l’État pour rétablir des conditions équitables de concurrence. Ils demandent que les règles soient les mêmes pour tous. Que les plateformes qui vendent en France respectent nos lois. Que les avantages douaniers indus soient supprimés. Qu’une stratégie anti-dumping soit mise en œuvre. Et que les contrôles soient renforcés, de manière coordonnée, sur l’ensemble du territoire."
Trois demandes sont formulées expressément : la fin de l'exemption des droits de douane sur les colis dont la valeur n'excède pas 150 euros, davantage de contrôles et de sanctions pour les e-commerçants chinois, la fin du dumping et des subventions publiques dont bénéficieraient ces plateformes étrangères.
Une rencontre à Bercy avec des lobbies
En cela, les parlementaires reprennent à leur compte les exigences des commerçants français et leurs lobbies, la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) et l’Alliance du commerce. Comme le mentionne le courrier, ces deux entités ainsi que les dirigeants des entreprises françaises Kiabi, La Redoute, Blancheporte, Damart, Grain de Malice, avaient organisé quelques jours plus tôt une rencontre avec le cabinet d'Eric Lombard au sujet de cette "concurrence déloyale" chinoise.
Le rendez-vous s'était déroulé en présence de la députée EPR Violette Spillebout, d'après les informations de Contexte. Celle-ci avait été alertée directement par la Fevad sur cet épineux sujet en janvier et avait sollicité elle-même un rendez-vous au ministère de l'économie et des finances.


![[ÉNERGIES] Déployez vos projets IA à l’échelle, inspirez-vous du cas ENGIE Entreprises et Collectivités](https://cdn.webikeo.com/webinar_logo/2025-10-24-ac93013fcd6c2ea907b5a091f0e74c90.png)
