Etude

385 start-up deeptech françaises ont été créées en 2024, en hausse de 7% sur un an

Bpifrance dresse le bilan des six ans du Plan deeptech, destiné à accélérer la création de start-up dans le domaine et à soutenir leur croissance. Malgré une baisse significative des montants levés l'année dernière, les nouvelles entreprises sont de plus en plus nombreuses. La banque publique espère franchir la barre des 500 start-up deeptech créées chaque année à l'horizon 2030.

Coq French Tech
Coq French Tech

“Un rôle de plus en plus structurant dans l'économie française” : les start-up deeptech ont le vent en poupe, d'après Bpifrance. La banque publique d'investissement a publié le 12 mars son étude annuelle sur l'écosystème de la deeptech en France, six ans après le lancement par l'État du “Plan deeptech”, initialement doté de 3 milliards d'euros. Ce programme vise à accélérer la création de jeunes pousses du secteur, les soutenir avec un accompagnement dédié et des politiques d'adaptation des financements, et à renforcer les relations entre la recherche, l'entreprenariat et l'industrie.

Les créations de start-up deeptech ont doublé en six ans

La France compte au total 2589 deeptechs, générant 3,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires et représentant plus de 50 000 emplois. À noter que Bpifrance définit comme deeptech toute startup qui “utilise ou combine des technologies innovantes”, et qui est issue d'un laboratoire de recherche ou s'appuie sur une équipe en lien avec le monde scientifique. Elle doit aussi présenter de fortes barrières technologiques à l'entrée, avec un avantage par rapport à la concurrence et un go-to-market long et complexe. Les start-up d'intelligence artificielle sont donc recensées dans ce décompte.

répartition startup deeptech Bpifrance

Les jeunes pousses spécialisées dans la santé représentent 42% du total des start-up et celles développant des technologies quantiques et d'IA cumulent 25%. La banque publique observe une dynamique de création soutenue, avec 385 jeunes pousses ayant vu le jour l'année dernière. C'est 7% de plus qu'en 2023, et plus du double de 2018 (168), avant que le plan de soutien ne soit mis en place.

Une baisse des levées de fonds de 31%

Cette vitalité s'explique notamment par la place croissante prise par les 29 pôles universitaires d'innovation (PUI), qui visent à rassembler les acteurs de l'écosystème pour faciliter l'accès aux technologies les plus poussées. Ces pôles ont été lancés début 2023 avec une enveloppe de 165 millions d'euros. Bpifrance observe également une évolution dans le profil des entrepreneurs, avec 60% de start-up deeptech n'étant pas issues de profils académiques.

Les start-up deeptech ont en revanche pâti de la baisse générale des montants levés l'année dernière, avec une contraction de 31% par rapport à 2023, à 2,8 milliards d'euros. La banque publique justifie cette perte de croissance par une baisse des méga-levées (plus de 100 millions d'euros), qui sont passées de 10 à 6. Les levées de fonds de Mistral AI (468 millions d'euros), de Poolside (454 millions d'euros) et d'H Company (203 millions d'euros) constituent le haut du panier.

Un nombre d'exits record

Avec cette baisse, la France perd sa troisième place mondiale et première place européenne des levées de fonds dans la deeptech (cf. graphique ci-dessous). Elle se retrouve quatrième, derrière le Royaume-Uni, la Chine et les États-Unis. Bpifrance note malgré tout une structuration du financement early-stage, avec l'apparition de nouveaux acteurs et une stabilité des montants engagés en seed (436 millions d'euros vs. 433 millions en 2023).

Graphique levées de fonds deeptech Bpifrance

L'année 2024 a enfin été marquée par un record du nombre d'exits dans la deeptech. 24 opérations ont été enregistrées, avec 58% d'acquisitions par des sociétés françaises et 75% par des sociétés européennes. Le montant moyen d'une opération de ce type s'est établi, entre 2020 et 2024, à 118 millions d'euros, soit trois fois plus que sur la période 2015-2019. Parmi les acquisitions notables figurent le rachat de la start-up d'IA de défense Preligens par Safran (220 millions d'euros) et de la biotech Amolyt Pharma par le groupe suédo-britannique AstraZeneca (960 millions d'euros).

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