Malgré une baisse des levées de fonds, la France conserve sa deuxième place européenne

Confrontées à un contexte politico-économique incertain, les start-up françaises ont levé 8,1 milliards d'euros en 2024, en baisse pour la deuxième année consécutive. L'Hexagone maintient néanmoins un certain dynamisme en occupant la deuxième place européenne en termes de montants levés. Les start-up spécialisées dans les logiciels et applications d'entreprises tirent leur épingle du jeu.

Coq French Tech
Coq French Tech

Les start-up françaises ont levé 8,1 milliards d'euros à travers 822 opérations en 2024, d'après le baromètre annuel du cabinet In Extenso Innovation Croissance, réalisé en partenariat avec l'Essec et France Angels. Un chiffre en baisse de 10% en valeur et de 18% en volume par rapport à 2023.

Deux opérations françaises dans le top 10 des levées de fonds en Europe

Comparée au reste de l'Europe, la France toutefois en bonne forme financière : avec 194 opérations de plus de 3 millions d'euros, représentant au total 5,8 milliards d'euros, elle se place juste derrière le Royaume-Uni, champion du financement sur le Vieux Continent. Ce dernier décompte, mené par le cabinet d'audit et de conseil KPMG, fait état d'une bonne représentativité des start-up françaises dans les levées de fonds les plus importantes à l'échelle européenne.

Ainsi, avec 600 millions d'euros récoltés en juin dernier, Mistral AI se hisse à la 3e place du top 10 des levées de fonds en Europe, derrière la fintech britannique SumUp (1,5 milliard d'euros) et la société de conduite autonome également britannique Wayve (1,02 milliard d'euros). Poolside, qui a relocalisé son siège à Paris, occupe la 5e place de ce top, avec 453 millions d'euros levés.

Les logiciels d'entreprises en tête en France, les fintechs au Royaume-Uni et en Espagne

Avec 2,1 milliards d'euros réunis en 2024, le secteur des logiciels et applications d'entreprise rassemble 36% des montants levés en France. KPMG rassemble dans ce secteur les “solutions XaaS, de cloud computing ou de cybersécurité, s'appuyant parfois sur le big data” ou des outils d'intelligence artificielle. Outre Mistral et Poolside, on peut citer la start-up d'IA H Company (203 millions d'euros levés en juin) et la société d'éditions de logiciels de planification financière Pigment (133 millions d'euros).

Rapport KPMG french tech

Les fintechs représentent seulement 13% des montants levés par les start-up françaises, contre 31% au Royaume-Uni et 36% en Espagne. Le pays ibérique est l'un des seuls pays européens à avoir connu une hausse des montants levés par ses start-up en 2024 (+38%, à 1,6 milliard d'euros). SeQura, fintech basée à Barcelone, a notamment réuni 410 millions d'euros en novembre.

Peu de start-up françaises limitent les investissements étrangers

KPMG note également une stabilité dans les typologies d'investisseurs, avec une part des acteurs du capital-risque qui s'établit à 55%. Viennent ensuite, loin derrière, les sociétés spécialisées dans le private equity (15%), les institutions publiques (10%) et les institutionnels (7%).

Les tours de table ne réunissant que des acteurs français restent rares : sur les dix start-up françaises ayant levé le plus de fonds en 2024, seule HysetCo, spécialisée dans les stations à hydrogène, n'a pas fait appel à des investisseurs étrangers. À l'inverse, Poolside, Pigment et l'assurtech Alan ont obtenu des financements exclusivement étrangers.

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